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psychogénéalogie

Nous relier à nos Ancêtres, grâce à la Psychogénéalogie, est un acte comparable à un pèlerinage qui permet d’aller aux sources de notre généalogie pour nous relier à notre puissance ancestrale. Un itinéraire initiatique pour trouver les souffles, les paroles, les images qui nous parcourent et nous font agir sous l’impulsion de ceux qui nous ont précédés et dont la présence est manifeste à travers nous ; et finalement comprendre que nous sommes un fruit sublime, fragile et fort à la fois qui possède le pouvoir de milliers d’expériences disponibles directement.

Faire ce chemin est un acte de guérison de l’arbre passé et surtout à venir.

Toutes les civilisations ont honoré leurs ancêtres y compris celles sans écriture. Les premières apparitions de la culture humaine concernent le respect aux ancêtres défunts. L’attention portée aux morts est le signe du degré de civilisation d’une société.

Les premières traces de civilisation sont d’honorer les crânes des ancêtres. En Europe les ancêtres ont d’abord été enterrés sous les lits du couple parental puis debout sous le seuil de la porte d’entrée pour passer au-dessus d’eux chaque fois que l’on sort ou entre dans le foyer. Puis dans le terrain autour de la maison et enfin dans un cimetière collectif et maintenant souvent en poussière dans des lieux généralement impersonnels. Il faut rappeler qu’autrefois seuls les coupables étaient brûlés et leurs cendres jetées au gré du vent pour ne plus en entendre parler. Depuis la révolution industrielle et le départ des familles paysannes vers les villes nos civilisations se sont coupées de la mémoire familiale au point d’ignorer les régions originelles, les métiers et l’étendue de la famille. Cette situation pour les humains que nous sommes étant insupportable, la pratique de la généalogie s’est développée et les thérapies basées sur l’ancestral et les transmissions paraissent aujourd’hui couler de source avec leurs résultats tellement probants depuis une vingtaine d’années maintenant.

Nous intéresser à nos ancêtres, recréer un lien avec le passé n’est pas une régression car la compréhension des mécanismes généalogiques permet de se sortir des répétitions des situations d’échecs qui, bien que nous ne les connaissions pas consciemment, sont inscrites dans notre corps et notre inconscient. Le but est de reprendre la main sur notre destinée. L’avancée moderne permise par la psychogénéalogie est de faire le lien avec l’ancestral pour nous en différencier. Nous pouvons alors nous appuyer sur notre famille pour mieux y trouver notre place qui est unique. Tel est le but de notre travail.

Nous n’avons pas de problèmes individuels

mais des problèmes familiaux.

Pour dépasser les programmes négatifs et transmuter notre famille à l’intérieur de nous, nous devons étudier chaque niveau de notre arbre généalogique très attentivement en travaillant concrètement sur les documents trouvés, mais aussi les rêves, les synchronicités, les productions d’écrits, de dessins.

Nous sommes touchés par 4 générations avant nous et nous influencerons 4 générations après nous, y compris les collatéraux. Imaginez que vous êtes le futur de vos descendants et qu’ils sont chargés de réaliser vos rêves, vos actions inachevées, et ceci bien sûr sans réussir puisque vous seul en possédez la clé. Les drames humains sont toujours issus d’amours ratés et de créativité laissée pour compte.

Quel terrible labyrinthe dont seule une vue en hauteur peut nous permettre d’en sortir. Pour s’élever au-dessus des problématiques l’étude complète de notre généalogie et la compréhension de ses mécanismes est un des outils les plus puissants à notre disposition.

La psychogénéalogie interprète les événements importants de notre vie à la lumière de notre histoire familiale. Pour, par exemple, découvrir ce qui se cache derrière le moment de notre conception, de notre date de naissance, notre nom.

Nous pensons agir, décider, penser de façon libre, or après un examen de notre arbre généalogique nous prenons conscience que nous obéissons à un programme précis avec des dates récurrentes, des noms déjà utilisés. Hasard, direz-vous ? Cela nous rassure de penser cela pourtant, après examen sérieux, nous ne nommons plus hasard mais répétition transgénérationnelle ce qui revient sur plusieurs générations. Nos ancêtres influencent inconsciemment nos choix amoureux ou professionnels. Nous portons le poids de leurs culpabilités ou de secrets de famille encombrants.

La psychogénéalogie est une méthode d’investigation rapide car en une dizaine de séance nous pouvons comprendre l’origine de nos problèmes majeurs. Mais savoir est une chose, intégrer et guérir en est une autre. C’est pour cela qu’il faut s’adresser à un professionnel auprès de qui nous posons nos fardeaux afin qu’il nous aide à transformer les douleurs en solutions pour notre évolution personnelle.

Nous remontons jusqu’à la 5ième génération qui est le temps de digestion des informations liées au passé sauf cas particulier de liens historiques repérables de notre famille avec par exemple la Révolution de 1789, les guerres de religion, les départs vers le Nouveau Monde. La présence dans la mémoire familiale d’une exécution par décapitation peut se faire encore sentir aujourd’hui comme dans le cas de Liliane qui s’est fait opérer d’une tumeur au cerveau à la date anniversaire de l’exécution par décapitation de trois frères qui avaient défendu leur pasteur contre une partie du village catholique, ceci au temps des guerres de religion !. La présence de deux camps protestants et catholiques au sein de sa famille est encore d’actualité et crée encore des ennuis !

Tout exclu d’une famille sera représenté dans l’arbre, après sa mort, par un enfant qui vivra, sans les comprendre, les souffrances de l’exclu. Il est donc vital de réintégrer dans notre arbre tous les ancêtres rejetés ou oubliés. Nous devons faire une analyse historique et effective de chaque ancêtre car derrière chaque événement personnel dramatique nous trouvons un fait historique.

Nous ne savons pas comment nous avons hérité des programmations de l’arbre généalogique et pourquoi nous nous retrouvons dans la même situation que nos ancêtres au même âge ou à une date clé mais nous savons que tout ce qui a été vécu comme un échec ou une interruption involontaire d’un projet affectif, professionnel ou autre reste en suspens et dévolu à un descendant. L’inconscient familial ignore le temps. Comme ce qui est passé est comme son nom l’indique passé et par définition non transformable, toutes nos tentatives pour finir ou vivre ce qui est en suspens est inutile et stérile. Si un ancêtre est mort en laissant en suspens une histoire d’amour, cela condamne un ou plusieurs de ses descendants à devoir rejouer le même scénario inutilement ou à avoir une double vie, voire une filiation cachée. Comme dans le cas de Bertrand qui est allé chercher sa nouvelle compagne aux îles de St Pierre et Miquelon où son arrière-grand-père terre-neuvas faisait escale lors des campagnes de pêche. Il est entré en contact avec elle par Internet. Il l’a séduite, a fait plusieurs fois le même voyage que son ancêtre et l’a fait revenir en France. Cela accompli le charme s’est rompu, il ne l’a pas accueillie, ni soutenue dans ses démarches pour trouver un nouveau travail. Ce n’était pas son projet mais vraisemblablement celui de son arrière-grand-père et il n’a pas construit la suite de l’histoire d’amour…au grand désespoir de celle qui a cru à une belle histoire.

Plus les évènements sont difficiles plus ils sont coupés du conscient et vont donc développer énormément de force pour nous aider (ou nous obliger) à les comprendre et à agir. Jung dit :

« Ce qui ne parvient pas à la conscience

revient sous forme de destin »

Puisque toute vie, arrêtée trop tôt, a besoin de finir ce quelle avait commencé sur terre : un amour, une œuvre : il ne faut pas résister à l’arbre mais traverser les programmes en conscience. Il faut inclure l’ancien programme pour le transformer en un projet personnel. Par exemple, notre ancêtre mort à 20 ans en Algérie était un peintre célèbre en puissance, et notre famille a projeté sur nous la possible suite de ce don laissé en suspens, en nous glissant des pinceaux dans les mains depuis toute petite, en nous comparant physiquement au grand-oncle. Ne restons pas dans cette expression qui appartient au passé car nous n’en tirerons aucun bénéfice. Dans cet exemple la jeune femme est morte au double de l’âge de ce grand-oncle d’un cancer fulgurant, alors qu’au même moment on lui avait proposé comme projet personnel qu’elle avait refusé, d’écrire un livre de spécialiste sur la peinture (livre qui est sorti, écrit par quelqu’un d’autre et qui s’est très bien vendu).

La guérison passe par une enquête minutieuse pour établir son arbre généalogique mais également par des repérages sur le terrain. Pourquoi ? Car en nous rendant sur les lieux où ont vécu nos ancêtres nous pouvons par exemple informer notre corps que la guerre est finie. En se rendant à Treblinka une jeune femme a pu voir que l’herbe avait poussé sur les rails de chemin de fer rouillés et que les lieux étaient vidés de leurs martyrs. Il avait été dit à sa famille qu’ils partaient dans des camps de travail et elle maintenait inconsciemment dans son propre travail des rapports bourreau/victime par fidélité à la mémoire de ses ancêtres disparus. Du jour au lendemain son ressenti de victime s’est dissout et les rapports difficiles avec son chef de service se sont apaisés.

Faire sa généalogie par correspondance ou Internet revient à se couper des sensations physiques liées au terrain : où habitaient-ils, où travaillaient-ils, quelle mémoire subtile est encore dans les lieux. Les témoignages des personnes qui se sont rendues sur le terrain sont toujours remplis d’étonnements par les synchronicités qu’ils vivent. Une personne dont la rivalité entre sœurs (entre sa mère et sa tante) avait conduit à rejeter sa mère hors du château familial a trouvé l’explication en se rendant sur place où elle a trouvé les agendas annuels de la fameuse tante par terre à côté de son secrétaire (« secret-taire ») qui venait d’être vidé pour être vendu. Elle a pu prendre quelques agendas au hasard et trouver notifié clairement que la tante était tombée enceinte pendant l’occupation du château par les soldats allemands… pendant que l’autre sœur était enceinte d’un français parti rejoindre la France libre pour y revenir aux commandes d’un avion américain en héros. Nul n’a jamais su ce que la première avait fait de l’enfant, fausse couche, avortement, abandon. Elle n’a jamais eu d’enfant après. Elle a ainsi découvert la raison de sa colère irrépressible envers sa sœur. Elle garderait le château et sa sœur l’enfant. On peut supposer que d’autres cas de ce genre avaient eu lieu dans ce château très ancien. Ni l’une, ni l’autre n’ont été heureuses car maintenir la discorde entre frères et sœur revient à garder la guerre dans la famille.

Construire et ainsi visualiser son arbre généalogique est indispensable pour pouvoir se situer précisément dans sa lignée. Inventaire de notre passé familial, il permet, une fois intégrée et transmutée la part d’ombre présente dans toutes les familles, de s’appuyer sur les richesses souvent insoupçonnées qu’il contient pour nous réaliser véritablement.

par Pascale Reynaud paru dans Astr’oh Février 2011

http://www.astr-oh-lemagazine.com/